mardi 22 juillet 2008

Munitie

Subsiste encore
Aléas et décors
Fin ces temps ci
Jouvence
Ineptie

vendredi 27 juin 2008

Transit

J’ai changé ! Je sors désormais de ma cave pour rejoindre une autre, je bois l’éther qui assèche mes cordes et ris à gorge déployée.

Qu’à cela ne tienne !

Et le diable est en moi, un beau diable tout noir, tapit dans une monotonie toute noire. Et une tristesse noire, grisante et profonde s'invitant dans ma peau. Voulant l'avoir à tout prix.
Ma peau est douce comme ma tristesse profonde. Elle m’a eue. Je me trimbale nu de carapace depuis des lustres, la mort est douce, depuis que je vous ai vu.

Des effluves d’idiotie. Je contemple, je toise, je vends mon âme pour pas cher. A la portée, à la criée même.

Un groupe dont les origines remonte bien avant la préhistoire. Attablé comme des fossiles vieux de plus de 200 millions d'années, épie le moindre geste, qui pourrait les remplir de dédain.

Les demoiselles sont plus petites que les libellules et surtout peuvent replier leurs ailes le long de leur corps, et vous regarder dans les yeux, l’air très abattu. Mais pour le reste leur apparence ainsi que leur mode de vie est très proche de celui des crocodiles.

jeudi 15 mai 2008

Algarade Charnelle

A la canopée de mon arc, je prends goût à décoction d’un dégoût charnel. Histoire de godiller dans du miasme. Je vous tiens par le trognon, et la pomme héritée de l’ancêtre Adam joue à OTIS. L’ascenseur est en panne. La cervelle quand à elle, caillasse et boucanière, ricane de la stupidité ancestrale des mâles. Des maux d’estomac. Voilà !

Quelques milliers de centimètre plus tard, une voix se hisse : oh ! Tisse nous une vérité sidérale.

Qu’avez-vous mangé ?
Un neuf : dis je.

Dinifri !? Dinifri !? (*) Oui, je vous parle ! Faites vous l’amour ?

Oui ! Au lit.
(*) Is any body free !?

dimanche 13 avril 2008

AGITATO (Terminus)

Six mois déjà que ce réveil se fait de plus en plus pénible, que ce sommeil se fait de plus en plus loin, de plus en plus désiré. J’ai soulevé mes yeux au ciel limpide, abrité par la pénombre du préau, la lumière d’un soleil éclatant giclait violemment sur le mur blanc à la chaux. Une femme d’allure joviale passe, me fixe furtivement, remarque ma gêne à ouvrir les yeux. Sa beauté m’enfonce dans un songe doucereux et son galbe m’extirpe une brulure profonde. J’ai envie de pleurer. Sa grâce est criante.

La tension sur les épaules qui ne me lâche plus. Décidée à s’approprier mon corps, à troubler mon âme déjà fendue.

Je marche. J’ai marché seul dans la foule de badauds aux pas aveugles, accaparés par leurs soucis, et les oiseaux qui narguent intrépidement leurs solitudes en se mêlant à la cécité des pas. Ma solitude est déjà vide. Mes pas sont lourds.


Tu es ma seule famille, mon unique pays. J’avais envie de dire. On se connaissait pas, on a marché un bout de route sinueuse et tremblante ensemble. Même si on ne se connaissait presque pas. Même si on ne se côtoyait presque jamais. On était assis là. Nulle part. J’ai cherché mes cigarettes. On a fumé assis. Sans rien dire. On se regardait les yeux dans les yeux. Les mains dans les poches. Le cœur faible et palpitant. Le sourire aux bouts des lèvres.

Ces larmes dans des yeux secs. Ces yeux dans ce ciel vide. Tes lèvres sont ma seule famille, mon seul pays. Ce pourpre et ma seule couleur.

Tu es ma seule famille. J’ai fouetté le vent avec mes je-t’aime. J’ai souris alors.
Demain tu m’aimes.


Ce visage me hante
Mémoire trouble.
Ce visage me hante.
Chaque jour.
Tous les jours.

Je ne sais pas qui je suis.
Je ne sais plus, depuis.

Rêves oubliés.
Des promesses.
Et puis, un calme long et pénible.

Ta vie et si paisible
Ton destin !?
Mystère imprévisible.

Des mots qui se déchainent.
Sans issue tes sentiments.
Sans issue tes mots.

Des mots qui se brisent.
Sur une roche, sur une glace.
En milliards, dans le ciel,
Je me déplace.

Laisse-moi rêver.
Laisse-moi sourire seul dans la nuit.
Seul dans tes nuits.

Puis je dormirai à jamais paisible.
Paisible comme antan.
Comme jamais autant.


Je suis malade. Le cabinet se situe dans un immeuble vieux comme les pharaons, agonisant comme l’innocence. Le docteur avec sa barbe poivre sel et ses lunettes ridicules, ne cachait pas son émotion, qui ne cachait pas le diagnostic fatidique.

On oubliera tout.

- Ça ira je vous assure. Je suis vivant n’es ce pas !

J’ai lancé ma phrase, pour casser un petit silence qui a duré éternellement, un silence qui disait qu’il y a encore de l’espoir, qu’il très mince, qu’il est navré, que je peux maintenant me tourner vers Dieu, que la fin est proche. Ma fin.

- Oui, bien entendu. Il y a encore de l’espoir, des médicaments sont en phase d’expérimentations. Et puis nous les musulmans on croit en Dieu…


Ma chère,

Le silence n’a que trop duré pour rendre la vie encore plus insensée.

J’ai regardé la télé cracher son venin, jusqu’à ce que je m’abrutisse dans ma léthargie de tous les navets cultivés dans nos champs tristes. Puis j’ai cru m’endormir pour retrouver une sérénité fatiguée. Une petite voix très capricieuse me l’interdisait. Je voulais me blottir contre ma peine mais mon oreiller me refusait l’accès à la paix. J’ai parlementé avec mon rêve. Il m’a fui, je l’ai maudit. On s’est agité.

Depuis ce matin, j’avais pris assez d’ombre pour ressembler à un étendage de draps dans un jour sans vent. J'étais humidifié et calme. Mais faussement serein. Je voulais te dire que mon destin a tranché, que je suis navré pour tout ce qui c’est passé. Je suis malade et je suis condamné à tout oublié. Il ne me reste plus rien.

Voilà. Je voulais que tu le saches, avant que je ne sache plus rien. Je voulais te le dire moi- même.

Saches que je n’ai rien légué à part ma mémoire, qui disparaitra ironie du destin dans mes méandres.

Il me restera ma démence.

Il me restera des espoirs inédits et des promesses mortes.


Ne me réponds pas. Je ne lirai pas, je ne répondrai pas. Je t’oublierai. Je ne te reconnaitrai plus.

Ne m’oublie pas.

Il lève les yeux au ciel et agite face à face ses mains ouvertes, comme pour saisir quelque chose de tangible. Ses mains aux doigts fins et sans fin, des mains qui faisaient fantasmer toutes les filles. Son regard s’en trouva éclairé. Presque radieux. Dans ce vacarme pittoresque où la voix des bambins boutonneux se mêlait au crépitement d’un microphone tousseux et de hauts parleurs aphones, la voix du maître scinda ce tohu-bohu en un silence net, sans bavure.

- Je vous ai ramené du soleil à l’ombre et je vous ai raconté des blagues.

Le silence est redevenu dubitatif menaçant de s’écrouler en une mêlée ouverte.

- Durant toute cette année, je n’ai fait que vous raconter des mensonges.

Sa bouche commença à émettre des propos qu’il n’a jamais préparé, des mots qu’il ne connaissait pas, dont il n’a jamais soupçonné l’existence. Il s’entendait parler tout comme son auditoire le faisait, mais ne réussissait guère à connaître la source de cette énergie soudaine. Ses mots serrés, réglés comme un papier musique déferlaient. Des mots qui devaient s’échapper de son enveloppe charnelle à son insu, comme par envoutement. Son salut y est au bout, sa vie et sa mort. Au début la fin. La fin est le début. Ainsi va le monde.

La voix lézardée du maitre d’habitude si limpide, trahissait son émotion.

- Le suzerain a eu raison de nous. Amen.

C’est une journée magnifique, le soleil est si doux, ses rayons cajolent le visage du maitre qui se laisse faire par ses frôlements quasi impudiques. Lâcha un soupir, se retourna vers son acolyte, le sourire plein :

- une belle journée.

La haine que l’on garde pour soi n’est pas jouissive a-t-il toujours répété.

- Je repars en croisade contre ma cupidité et ma vanité.

Une lueur dans son regard laissait apparaitre ce jeu de mots qui lui était propre.




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Et j’ai déambulé sans but, emporté par une tristesse soufflée par le noir des nuits solitaires, et la blancheur du sommeil perdu à jamais. J’ai marché éparpillé aux quatre vents, des larmes de poussières dans des yeux en cendres rouges.


Située dans ces quartiers ou la misère se lit sur les visages des mômes, qui crient, courent, comme pour attraper une part d’innocence déjà tut et des murs qui ne finissent de s’enlaidir à coups de lamentations, le maitre qui a toujours du mal à se réveiller, déçut probablement par le sommeil, n’oublie pas d’ouvrir ses yeux mi clos pour voir le ciel avant de mettre ses lunettes sombres. Depuis des années, il a évité la lumière. Elle est trop belle, il disait.

En quittant sa chambre louée depuis déjà trois mois à cette bonne vieille femme qu’il appelait Hajja, eut égards à son âge certain et sans jamais vraiment connaître son nom et sans jamais chercher à le savoir.

Frappa à sa porte, lui lança à tout hasard un Adieu délicat.

- Au revoir mon fils, lui fit la vieille femme, la cigarette au tabac douteux, plantée au milieu d’un visage buriné par les temps crapuleux.

Elle l’a toisé comme si s’était la première fois qu’elle le voyait, puis marmonna :

- On ne vît qu’une fois, mais on meurt autant que notre existence se prolonge.

L’homme a crée le train pour que les désespérés se jettent sous ses rails. Je crois en des valeurs dont je suis le seul à croire, j’ai rêvé toute ma vie, mes rêves se sont mus en un large, béant désespoir. Je suis devenu l’ombre de mon ombre et mon sourire n’est que la grimace de zygomatiques sclérosés.

Et j’ai déambulé sans but, emporté par une tristesse soufflée par le noir des nuits solitaires, et la blancheur du sommeil perdu à jamais. J’ai marché éparpillé aux quatre vents, des larmes de poussières dans des yeux en cendres rouges.


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Lumières tamisées par les miasmes des cigarettes. Des épaves échouées tout autour des chaises qui maintiennent des corps renfloués par l’alcool, des semblants d’hommes qui essayent en un ultime sursaut de dignité de ne pas se pisser dessus, se précipitent aux caniveaux la braguette ouverte, cherchant à soulager une vessie qui n’en finit pas d’éclater. Regagnent ensuite leurs chaises, et la valse est exécutée infiniment ponctuée de : remettez !!

Un mot aussi lent que la mort, un mot qu’on entend qu’une seule fois, pour alléger les tourmentes stagnantes, puis une fois et encore une fois jusqu’à ce que engourdis par la plénitude artificielle, le signe du doigt désormais prend place à la parole, et la musique faites de tintements de bouteilles accompagne des voix en sourdine.

La valse continue.

Je donne le ton.

Remettez ! Un signe de la main.

Adipeuse à l’extrême, jusqu’à l’étouffement. Je l’ai regardé tendrement. J’ai regardé ses seins qui éjaculaient de son corset en faux velours. Les yeux en khôl, la tristesse au bout des cils et le sourire sincère.

J’ai regardé ma bouteille par pudeur innocente. Imbibé d’indifférent dégout.

Et j’ai déambulé sans but, emporté par une tristesse soufflée par le noir des nuits solitaires, et la blancheur du sommeil perdu à jamais. J’ai marché éparpillé aux quatre vents, des larmes de poussières dans des yeux en cendres rouges.


Fais-moi l’amour, je suis triste...



Des journées entières à ramasser des yeux des tonnes de sables, les petits cailloux insignifiants, à humer l’iode des souvenirs.

Excuses moi j’ai collé mes lèvres sur ta joue un peu trop longtemps,
J’en ai oublié que ce ne sont pas mes joues après tant.
Que dans tes lèvres des petits bouts de paradis.
Le paradis est perdu.
Vois-tu !?

J’ai aimé souffrir seul,
Alors j’ai souffert seul.
J’ai eu le mépris de l’événement,
La patience de marcher dans l’oubli.
J’ai marché sur le pavé des bonnes intentions,
Et que l’enfer est pavé de bonnes intentions.
Me diras-tu.

Le mépris a fait un don de soi.
J’ai baissé ma garde,
Je t’ai laissé renter,
Je t’ai offert, le sourire,
Ma confiance.
Tu as cogné fort autant que t’as pu,
Tu m’as blessé à coup d’acharnement futile,
Tu m’as trahi à coup de nonchalance servile.
Ce couteau au cœur.
Ce n’est que du bonheur...

dimanche 6 avril 2008

Cartes postales

En vacances dans le Bourbonnais, D.A. m’envoie une carte postale :

Ah ! Vivement un val ombreux
Afin qu’y reposer je puisse
Mon pauvre séant douloureux
Car à vélo le plus scabreux
Ce n’est ni le rein ni la cuisse
Mais ce qui est entre les deux…

À quoi je réponds tout à trac :

Qu’au vélo, désormais, ton fondement meurtri
Préfère le cheval : à cheval, les culs rient !

LOCUS SOLUS

mardi 1 avril 2008

POISON

Tous les poissons sont heureux.
Les poissons morts aussi.
Les poissons d’avril aussi,
Ils sont morts.

dimanche 30 mars 2008

Les cocotiers du désespoir

Dans un petit monde d'escargots. Une limace répondant au doux nom de laitue rêvait de vie, de chocolats, de lui, d’elle. De vie sous ombrelle.

Ses congénères marchaient sous les cocotiers nus de cette avenue.

Un escargot est mort avenue la victoire, écrasé par la ceinture du désespoir.

Les cocotiers sont muets à l'heure de pointe. Ils placent des bennes à fleurs sur le macadam fraîchement lavé du même...
Du même désespoir.

Gris (suite)

Mal enfoui et amphigouris
Je ris.

Je pars demi vierge, demi soul
Demi-tout.

Ni noir, ni blanc
Mais gris.

Aigri.

Je suis fou :
Presque heureux
Presque mort
Presque rien
Déchante moi un destin.

Quitus pour passer.
Passer par où ?
Il n’ ya plus de vous.

Les yeux dans les yeux.
Le pouce sur le bout du sein
Des lèvres sur la joue
Des bises sur des cils
Des cils fins sans fins.

Des doigts à perte de vue.
Une hanche et puis un galbe
Et des tics tacs de cœurs fous – déchainés.

Tu excites le feu et la terre
Et la glace déjà vieille de mille âges,
Fondant placidement sous ton ombrage.

Et des herbes :
Tes bras comme des lianes.
Ton curare est venin.
Fleurs du mal.

Et des parfums :
Le jasmin de ton corps
La lavande de tes cheveux
La rose de ta pudeur.

Et des couleurs :
Le noir, le blanc.
Le gris-aigri.

Mal enfoui et amphigouris
Je fuis.

Le Pélican

Le Capitaine Jonathan,
Étant âgé de dix-huit ans
Capture un jour un pélican
Dans une île d'Extrême-orient,
Le pélican de Jonathan
Au matin, pond un oeuf tout blanc
Et il en sort un pélican
Lui ressemblant étonnamment.

Et ce deuxième pélican
Pond, à son tour, un oeuf tout blanc
D'où sort, inévitablement
Un autre, qui en fait autant.
Cela peut durer pendant très longtemps
Si l'on ne fait pas d'omelette avant.

Robert Desnos



J'ai toujours appris "La adri limada"(1) ce poème. En réponse à l'aimable invitation de "Al oukht"(2) Najlae. J'espère que c'est insignifiant, je m'en voudrais sinon.



(1): Mot pas français pour deux balles, d'origine arabe, qui ne veut rien dire.
(2):Enorme sac cabas où l'on peut fourrer ce qu'on veut.

Ci-gît la chaine de tag urbi et orbi (3).

(3): Hna o lihih.

jeudi 20 mars 2008

Beatis pauperes ...

Stupidité naissante et galopante, comme cette alopécie qui se cherche une calvitie. Je ne ressens plus rien, plus rien qui en vaille la peine. Même que je peine à essayer. Le monde change en moi. Une fureur diffuse. Il pleut des cordes dans l’au-delà. Au-delà de quoi plus rien n’est comme avant et avant j’étais stupide mais heureux.

Nous voilà encore réunis pour regarder écarlates les yeux, un nouvel an. Combien de temps me laisserai-je violer en faisant la queue au Mc Donald ?


Bien à vous.